A la veille des 20 ans
du Nombril du Monde, votre nambouré préféré a trouvé
LA SOLUTION
à cet horrible pourrissement...




Village Toxique, ou quand la Gâtine se bat contre un projet d’enfouissement de déchets nucléaires à Neuvy-Bouin.

Village Toxique par Nicolas Bonneau


Collage de témoignages, souvenirs, informations : jusqu’en juin 2009
Résidence de travail au Nombril du Monde du 27 juillet au 2 août 2009
Théâtre-forum au Nombril : 1er et 2 août 2009
Création au Nombril : 5 août 2010
Représentations : du 5 au 8 et du 13 au 15 août 2010

 

 

Extrait d’un témoignage
« Un jour, on a appris qu’il y avait le projet d’un site d’enfouissement de déchets nucléaire en Gâtine. C’est là que ça a commencé. Il y avait les contre, les pour, ceux qui ne savaient pas. Une association s’est formée contre ce projet. La lutte a été longue, mais on a pas lâché. Il y a eu des réunions, des manifs, ça a été violent aussi… ça nous a divisé et ça nous a rapproché. Aujourd’hui encore, ça reste un souvenir unique… c’est bien de faire revivre ça. c’est bien qu’on puisse laisser une trace.  »
 
 

20 ans : une genèse

À l’occasion des 20 ans du projet d’enfouissement des déchets nucléaires sur la commune de Neuvy-Bouin (et de la victoire des opposants !), le Nombril du Monde propose la création d’un spectacle sur cet événement ; avec Nicolas Bonneau à l’écriture, Anne Marcel à la mise en scène et un groupe de comédiens et musiciens, professionnels, amateurs...

Depuis plusieurs années déjà, ce projet revenait régulièrement sur la table au Nombril :
on ne pouvait pas passer à côté. A chaque fois que le sujet était abordé avec des habitants, la passion s’emparait des regards et des paroles. Et derrière l’enthousiasme de la victoire, le ciment social qu’elle a créée, les alliances paysans / écolos, les CRS et les fêtes au Rocher Branlant, il y avait aussi les voix discordantes, celles qui contrastaient, qui parlaient de blessure, de vision plus complexe qu’il n’y paraît.

Nous avons décidé de pas nous contenter d’un projet de petite envergure, qui ne générerait que d’autres frustrations.
Il fallait construire un projet ambitieux pour les gens d’ici. Parler de leur expérience intime, et s’adresser à l’extérieur, à l’universel. En englobant tout. En apportant un autre regard. En les impliquant. Il fallait provoquer une nouvelle rencontre.

Collecter
Le collectage commence.
Nicolas Bonneau arpente les maisons à la recherche d’informations, de photos, de témoignages.

La liste des personnes qui souhaitent être collectés s’allonge. Les journaux ouvrent leurs archives.
Les habitants ressortent les cartons des placards, à l’intérieur : articles, films, images.

Sur la table, la bouteille d’apéritif est de sortie. C’est bon signe. Le signe que le parole se libère.

Collecter, c’est arpenter un territoire, un paysage. Croiser des visages, tendre l’oreille. Collecter c’est arpenter la mémoire des autres, prendre le temps d’écouter. Patiemment, même ce qui a déjà été dit cent fois. C’est guetter le mot, la parole, le regard, une intonation qui font soudain mouche.

Collecter, c’est construire des liens et devenir responsable d’une parole, s’en emparer. La faire passer à la moulinette de l’imaginaire. En s’appuyant sur le réel. C’est faire en sorte que ceux qui viennent entendent leur voix (des voix que l’on n’entend à priori jamais) ne se sentent pas trahis, mais au contraire fier et surpris de ce qu’ils reconnaissent dans ceux qui les représentent.

  Un théâtre forum (août 2009)
Les 1er et 2 août 2009, à partir de 15h00, aura lieu, au Nombril du Monde, dans le jardin, un théâtre forum sur la mémoire de cet événement polémique.
Deux séances de débat et collectage public, sous la forme d’un débat théâtral interactif.Les spectateurs seront donc invités à apporter leur témoignage, leur vision des choses, confronter leurs souvenirs, dans un moment à la fois festif, polémique et interactif.

Le théâtre forum, c’est quoi ?
Le principe du théâtre forum : une présentation des règles du débat puis une courte pièce d’environ 20 minutes qui présente différentes situations problématiques. Les situations sont ensuite jouées une deuxième fois. Le spectateur peut alors interrompre le jeu à tout moment et proposer une solution, venir l’expérimenter sur scène en remplaçant ou en rajoutant un personnage. La phase d’interaction avec le public dure environ une heure, animée par un meneur de jeu qui favorise l’expression et l’écoute des différents points de vue et garantie la déontologie, la qualité et la clarté du débat. Dans une ambiance ludique, le débat théâtral permet de dédramatiser certaines situations, de confronter et de relativiser les points de vue, de libérer la parole.

Durée : 1h30 à 2h00

Distribution :

Conception et Meneur de Jeu : Nicolas Bonneau
Acteurs : Céline Girardeau, Nicolas Beauvillain, Sébastien Coutant

 

Une mythologie locale...
Il y a 20 ans.
Un petit village de Gâtine, dans les Deux-Sèvres, résiste à l’envahisseur… le vent de la « chouanerie » se leve de nouveau. Les responsables de l’Andra (Agence nationale de gestion des déchets radiocatifs) soufflent le chaud et le froid. Les noms d’oiseaux volent bas. La presse se passionne. Les réunions rassemblent les foules. Le champ incriminé est envahi, les CRS chargent, les coffres sautent, la vérité éclate au grand jour…

Cette lutte est devenu une légende. Un mythe. Ca s’est passé il y a 20 ans, mais ça aurait pu avoir lieu il y a 2000 ans. Cette histoire demeure, cristallisée, à la fois lointaine et proche.

 

...enfouie.
C’est pour cela que nous voulons la faire jaillir de nouveau. Pour être tous ensemble dans cette mémoire et savoir ce que cette aventure peut nous raconter aujourd’hui. Interroger la mémoire collective. Vider enfin notre sac tous ensemble. Pour le pire et le meilleur.

Une catharsis, comme le faisait la tragédie greque.
L’art pour aborder et transcender les problèmes du local. Faire théâtre d’un territoire et de ses habitants. Montrer la multiplicité des points de vue. Échanger. Vivre ensemble.

Nous souhaitons revenir à certains fondamentaux, la rencontre entre habitants, territoire, artistes et mémoire. Ce sont ceux de l’éducation populaire qui a marqué le Poitou. Nous, qui ne l’avons pas vécu le l’intérieur, nous questionnons les anciens pour comprendre notre propre Histoire.

Note artistique
Pour rester dans les règles de la tragédie : l’unité de lieu, de temps, d’action.

Pour s’inspirer de la tragédie : un narrateur récitant, un chœur, un coryphée. Un musicien et des danses rituelles. Des rites sacrés. Une communion avec le public.

Pour détourner les règles de la tragédie : des situations graves se mêlent aux situations cocasses, les acteurs du coryphée s’échappent, molestent le narrateur, interpellent la foule.

Pour rendre hommage aux tragédies modernes : l’écriture s’aventure vers un univers Ubuesque, grotesque, les bouffons sortent du marais et viennent dire leur vérité au monde. Comme pour le Carnaval ou la fête des fous. Un moment expiatoire, ludique et forcément lourd de la mémoire portée par tous ceux qui ont vécu les événements. Mais aussi un enseignement pour ceux qui découvrent.

Une bande dessinée pour laisser
une autre trace


En parallèle de ce spectacle, l’idée est venu de laisser une autre trace, onner un autre regard. L’envie s’est portée sur la bande dessinée, à la manière d’un Etienne Davodeau racontant Rural ou Les Mauvaises Gens.

Nous avons choisi la maison d’éditions poitevine FLBLB, dirigé par Grégory Jarry et Otto T, qui se sont notamment fait remarquer avec leur Petite histoire des colonies françaises, afin de porter ce projet. Les éditions FLBLB porteront la création et l’édition d’une bande dessinée incarnant l’histoire de village toxique.

Nous avons choisi de confier ce projet artistique à Grégory Jarry en tant qu’auteur non seulement pour la qualité de son travail de création mais aussi de par son histoire, sa filiation avec le Nombril du Monde. Tombé tout jeune dans la marmite de Pougne-Hérisson, élevé aux histoires, il nous a paru pertinent d’associer ses qualités créatrices, ses compétences éditoriales à une part d’histoire commune. Nous souhaitons confier la mémoire de cette histoire à la fois intime et universelle à Grégory Jarry afin de laisser une trace à partir de son propre regard, sa propre enquête, son propre point de vue.

Parallèlement, Etienne Davodeau, récemment contacté en mars 2009, propose d’être parrain de cette aventure artistique et pourquoi pas en signer la préface...

L’équipe
Collectage et écriture : Nicolas Bonneau
Mise en scène : Anne Marcel
Jeu : Nicolas Bonneau, Yannick Jaulin (sous réserve), acteurs professionnels (distribution en cours), acteurs amateurs (sous réserve)
Musicien : Eric Pelletier (percussions)
Production Le Nombril du Monde


Etapes de travail

Collectage jusqu’en juin 2009
1 et 2 août 2009 : théâtre forum au jardin
Poursuite du collectage et écriture 2009-2010
Répétition juillet et août 2010
Création août 2010 au Nombril du Monde et publication de la bande dessinée.
Bio d’artistes
Nicolas Bonneau est auteur, comédien et conteur.
Au croisement de l’écriture, du collectage et de l’oralité, il conte un univers où se mêlent chroniques sociales et évènements fantastiques, ville et campagne, petites et grandes Humanités.

Il joue actuellement « Sortie d’usine », d’après un collectage autour du monde ouvrier et « Inventaire 68 : Un pavé dans l’Histoire », collectage sur les événements de mai 68.
Comme auteur , on a pu voir récemment « Traverses » autour d’un collectage sur les cheminots thouarsais, pour la Cie Métro Mouvance, Thouars (79), m. en sc. Dominique Terrier.
Il participe pendant quatre années à l’aventure du Théâtre Forum ( spectacle interactif de débat théâtral sur des thèmes sociaux et Théâtre Education) aux côté de Bernard Grosjean (Cie Entrées de Jeu – Paris).
Il est également artiste associé au Nombril du Monde de Pougne-Hérisson (79).


Anne Marcel est metteur en scène et comédienne.
Elle travaille en électron libre avec différentes compagnies depuis 1993. Formation classique au conservatoire de Tours, puis auprès de JL. Cochet, C. Boso, F. Faye, G. de Facques, B. Bidaude, P. Matéo, afin d’acquérir des connaissances pluridisciplinaires.
Artiste associée au Nombril du Monde, elle s’intéresse aux formes narratives du spectacle. Elle a notamment créé et mis en scène, « Le petit monde Monsieur Franck » (co-production Scène Nationale d’Angoulême et Le Beau Monde) et a collaboré à l’écriture et à la mise en scène de « Tracteur Cheval », avec JC. Botton.
Elle joue actuellement « Ce qui mène le monde », avec Clotilde Gilles au violoncelle.
Elle a déjà travaillé avec Nicolas Bonneau sur « Sortie d’Usine » en 2006 et « Inventaire 68, un pavé dans l’Histoire » en 2008.