Programme 2010
- Rendez-vous 2010
- Festival 2010
- Formations 2010
- Archives
A la veille des 20 ans du Nombril du Monde, votre nambouré préféré a trouvé LA SOLUTION à cet horrible pourrissement...
|
 |
Les recherches scientifiques menées par la Société d’Ombilicologie ne sont pas le tout. Les histoires en séjour au Nombril ont aussi besoin de raconteurs pour trouver leur voix. Les résidences d’artistes sont là pour ça !
Bienvenu à Sébastien Bertrand qui navigue de Beyrouth à Pougne-Hérisson pour finaliser la création de son Chemin de la belle étoile.
|
Chemin de la Belle Etoile par Sébastien Bertrand
Résidence de travail au Nombril du Monde du 18 au 25 mai
Premières présentations publiques du chantier chez l’habitant les 21, 22, 23 et 24 mai
Création en juillet lors du Festival d’Avignon
Représentation au Nombril du Monde le samedi 15 août à 21h
|
 |
Si c’est une histoire, elle commence cette nuit là.
Je rentre à l’hôtel épuisé, heureux d’avoir joué Forêts là à Nantes, avec plein d’amis dans la salle, d’avoir senti cette salle chavirée par cette pièce insensée, par cette troupe. Mon téléphone vibre. Un message. Un long message de Sébastien, Sébastien Bertrand l’accordéoniste hédoniste de Sloï, le porte flambeau des musiques trads de Vendée, le fils de Jean-Pierre Bertrand, collecteur hors pair, figure du marais breton, Sébastien, le petit noiraud typique de ce marais nord Vendée : « je suis assis dans ma voiture, il faut que je te dise. Je n’en parle pas souvent, mais la pièce m’a tant bouleversée. C’est comme si elle avait ouvert quelque chose en moi, quelque chose qui ne pourra pas se refermer. J’ai été adopté à l’âge de 9 mois, je suis né à Beyrouth pas en Vendée. Mais tu vois on m’a tellement aimé depuis que je ne croyais pas avoir besoin d’aller regarder là où c’est noir, mais maintenant je sais que je dois le faire… »
La nécessité d’oser aller marcher dans le noir à tâtons, de reconnaître les odeurs de Beyrouth, d’avoir le souffle court devant le tiroir gris de l’orphelinat, de se réchauffer aux soleils du marais.
De dire les retrouvailles, le bonheur d’être de là-bas et de là ! De le dire avec des mots, avec l’accordéon avec la danse, avec toute la chair de son présent.
Yannick Jaulin |
Sébastien Bertrand et Yannick Jaulin s’envolent pour Beyrouth.
Mars 2008 - C’est pour Sébastien la première fois depuis 35 ans qu’il retourne dans le pays qui l’a vu naitre. Arrivé à l’âge de 9 mois en France, il grandit dans une famille adoptive où le rapport à la tradition locale et plus particulièrement à la musique traditionnelle est omni présent : collectage avec son père, rencontre avec les sonneurs routiniers de la région, apprentissage de la danse traditionnelle, de l’accordéon diatonique. Ce parcours lui permet, depuis plusieurs années, de faire partie des acteurs du renouveau des nouvelles musiques traditionnelles françaises. |
 |
|
Deux versants culturels > un personnage singulier
Pour Sébastien Bertrand, ce nouveau spectacle met en relation les deux versants culturels qui composent sa personnalité artistique : le versant Maraîchin – le versant Libanais. Cette double origine renvoie directement aux questions et aux préoccupations musicales qui animent le secteur des nouvelles musiques traditionnelles : A partir de quel moment est-on le porteur d’une tradition ? Comment adopter une culture et la partager ?
« Mon retour au Liban a ouvert des brèches qui permettent de nourrir de manière particulière la matière sonore. Le sentiment d’appartenance est double : maraichin dans ma culture et mon appartenance sociale, libanais dans mon physique et ma prime mémoire (odeur de l’orphelinat) ». Sébastien Bertrand
|
|
Pistes sonores
En complément d’un travail sur l’instrument, sur la danse (le geste dansé est primordial dans la musique traditionnelle), le chant et la parole, Sébastien Bertrand envisage de collecter « les ambiances sonores » des lieux marquants de son parcours musical et identitaire : la plage de St-Jean-de-Monts, le marais de Bouin, l’atelier de lutherie de son oncle, les rues de Beyrouth, les couloirs de l’orphelinat…
|
Ecriture
Sébastien a partagé son retour aux sources avec Yannick Jaulin, il semblait naturel de lui demander d’être à mes côtés sur ce projet de création. Par son expérience et ses questionnements il interroge Sébastien sur ses doutes, ses émotions, ses peurs et ses joies… Sur son histoire avec ce qu’elle a de singulier mais qui, quand on y regarde de plus près, touche bon nombre d’entre nous…
Sous forme d’entretiens, de collectages des temps modernes, Yannick Jaulin enregistre, modèle, transpose ce petit bout d’histoire. Plus qu’une simple transcription, ce travail de proximité lui permet de saisir cette matière première pour nourrir son écriture et sa création. Au final, naissnet des textes courts permettant de s’interroger sur ces éléments que sont l’identité, la culture, l’héritage familial, le droit du sang, le droit du sol, la tradition, l’héritage culturel. |
|
Un titre : Chemin de la Belle Etoile
C’est l’adresse où j’ai grandi en France, à St Jean de Monts… et où ma carrière de musicien a commencé à l’âge de 7ans. |
|
Du beau monde
Création musicale : Sébastien BERTRAND
Ecriture : Yannick JAULIN
Mise en espace & suivi artistique : Valérie PUECH
Collaborations artistiques : André CURMI, Samuel PASQUIER
Création & réalisation sonore : Etienne TOURET
Création lumière : Erwan BRISARD
Distribution : Sébastien BERTRAND, accordéon diatonique, narration, chant & danse
Production : CAHPA / ELIPS
Contacts
Compagnie des Arts d’Hier pour Aujourd’hui / Sébastien BERTRAND
+33 (0)6 07 60 78 49
contact@cahpa-production.com
ELIPS / Samuel PASQUIER
+33 (0)6 32 10 66 59
samuel@elips.org
Partenaires
Structures engagées pour porter et diffuser cette création
Le Théâtre Monnot – Beyrouth - Liban
L’Arc, Scène conventionnée – Rezé (44)
Scènes de Pays dans les Mauges – Beaupreau (49)
Le THV – Saint Barthélémy d’Anjou (49)
Le Grand R – La Roche-sur-Yon (85)
Le Nombril du Monde – Pougne Hérisson (79)
Le Nouveau pavillon - Bouguenais (44)
L’UPCP Métive – Parthenay (79)
La Maison du Conte – Chevilly Larue (94)
La Ville de Saint Jean de Monts (85) – Service Culturel
Le Beau Monde ? Cie Yannick Jaulin
Ethnodoc/Arexcpo
La Drac des Pays de la Loire – aide à la création
Le Conseil Régional des Pays de la Loire – aide à la création & programmation du Grenier à Sel – Festival d’Avignon
Culturesfrance
|
|
|
Images des chantiers chez l’habitant
21-24 mai 2009, autour de Pougne-Hérisson


|
 |
| |
|
|
Extraits
Textes en cours d’écriture / entretien Yannick JAULIN & Sébastien BERTRAND / Ecriture : Yannick JAULIN
Maman,
tu sais quand je suis allé à l’orphelinat, Elle m’a dit la sœur qu’en 73 la guerre n’avait pas commencée. Pour moi c’était plus facile la guerre, d’être un enfant de la guerre. Ca aurait pu expliquer ça, pourquoi tu m’as abandonné. J’aurais été un enfant de la guerre, de la douleur, une vraie victime. Elle m’a dit elle la sœur que non, que je suis sans doute, un enfant de l’amour, que derrière la fille mère, il y avait un homme, mon père qui t’a aimé sans doute.
Finalement je crois que j’aime mieux ça, cette version là de l’histoire. C’était une autre époque, Maintenant les femmes ont un peu plus de droits sur leurs vies. Toi, tu es venue accoucher là et tu es repartie vers une autre vie sans moi, tu m’as confié aux sœurs. Quelque part dans l’espace temps, tu sais maman, qu’il y a une vie qui se vit où tu m’as gardé avec toi, où je suis ton fils, grandi au Liban avec les armes à la main. Si je m’étais croisé rue Hamra dans Beyrouth Ouest, crois tu que j’aurais pu me reconnaître ?
Je ne te vois pas maman, t’as du noir sur la face
Mais j’ai connu ton ventre et je ne peux rien oublier.
Viens je te présente ma mère. C’est elle qui a fait grandir tout ce que tu avais laissé en moi. Elle m’a aimé chaudement, elle a fait germer en moi, le meilleur de toi. Vous avez eu du courage toutes les deux mes mères, toi pour repartir en laissant ouvert un trou béant dans ta vie, elle pour aller me chercher à l’aéroport avec papa, sans me connaître, sans douter même de pouvoir m’aimer, faisant juste confiance à la vie…
Mektoub
Petite sœur
t’as eu peur de me perdre.
T’as eu peur quand je suis parti à Beyrouth.
Tu me dis que sans moi tu ne serais pas là, alors que tu me dois une vie, que je suis l’orient de ta vie, ton lever de jour. Il a suffi que nos parents décident de m’adopter pour que maman tombe enceinte de toi. Tu sais c’est un grand classique. Comme si j’avais été un nouveau souffle, c’est sans doute pour ça que je joue de l’accordéon pour le souffle. Et là je pousse et je tire et ça t’a fait peur.
Tu t’es dit que en passant de l’autre côté du miroir, j’allais comme faire une nouvelle naissance qui me ferait oublier ma vie d’ici, ma famille. Comment tu crois que je pourrais oublier ma famille, ce noyau d’amour là. Cette chose là qui m’a faite si solidement
Je reviens et je vois dans tes yeux ton soulagement et moi ça me renverse de bonheur. Je ne me suis jamais senti aussi proche de toi, comme si en enlevant le voile devant mes yeux, je voyais plus clair en moi…
|
|