A la veille des 20 ans
du Nombril du Monde, votre nambouré préféré a trouvé
LA SOLUTION
à cet horrible pourrissement...




Au départ, il y a un baiser. Un baiser qui donne vie. Puis d’autres baiser qui permettent de continuer, de survivre...

Le Baiser par Valérie Puech

Prémices : collectage et présentation d’un premier chantier lors du Festival du Nombril 2008 (40 minutes)
Résidence de travail au Nombril du Monde du 3 au 9 août 2009
Présentation de son chantier final le Dimanche 9 août 2009 (jour de la St Amour)
Création au Domaine de La Roche-Jagu (22) le dimanche 13 septembre 2009
Représentations en Gâtine dans le cadre d’Histoire de lire en octobre et novembre 2009...

 

 

A l’origine
Il y a quelques années, j’ai rencontré un baiser, au Musée Picasso de Barcelone, qui m’a arrêté net. Une femme, vêtue d’un chemisier orange vif et d’une jupe verte foncée embrasse un homme en noir sur le fond bleu de la nuit. C’est une œuvre de jeunesse de Picasso. Je m’imagine tout de suite qu’il l’a peinte aux alentours de 1900, alors qu’il habite dans la rue Ravignan, au Bateau Lavoir, à Montmartre. Mais, au fond, je n’en sais rien. Je me raconte cette histoire parce qu’elle me plait. Elle me fait rêver. Quelque chose en moi résonne quand je regarde ce tableau, comme si je le reconnaissais.
Je trouve les couleurs merveilleuses, cette période m’enchante, c’est l’âge d’or des artistes peintres. Je me dis que si je pouvais remonter le temps, je choisirais cette période-ci et cet endroit-là. Je me dit que j’aurais voulu naître de ce baiser là. Pourquoi, je ne sais pas très bien. Une idée de la liberté peut-être.

 

 

Et puis, il y a eu un autre baiser
Celui que j’ai reçu d’un enfant, dans un village perdu, après des heures d’errance dans la montagne, quelque part au Maroc. Nous étions assoiffés, nous avions perdu notre chemin et nous sommes arrivés, par hasard, dans un village berbère. Les habitants nous ont accueillis, donné à boire et à manger et fait visiter le village, avant, finalement, de nous proposer un guide pour nous remettre sur la route qui menait à la ville. Nous avons accepté. Alors, tous les habitants nous ont accompagné jusqu’à la sortie de leur village. C’était très émouvant, je pensais à l’histoire du joueur de flûte qui emmène tous les enfants au son de son instrument, même si, pour le coup, c’était plutôt eux qui nous sauvaient la vie et non l’inverse...
Soudainement, alors que nous agitions la main pour leur dire au revoir, un enfant, peut-être de quatre ou cinq ans, est sorti de la foule. Il a couru vers moi, il a attrapé ma main et l’a embrassé. C’était un baiser fiévreux, totalement gratuit, et que je ne peux oublier. Je crois que c’est peut-être le plus beau baiser que j’ai reçu. Il restera gravé en moi pour toujours.

Des baisers, qui jalonnent notre route, qui nous façonnent et que nous ne pouvons oublier, nous en avons tous. Pourquoi ce baiser-là nous touche-t-il et pas celui-ci, pourquoi tel baiser se dépose en nous alors que nous en oublierons tant d’autres, c’est l’une des choses que j’avais envie de raconter. Alors, j’ai commencé mes recherches sur le baiser.

Les collectages
Par ailleurs, à la suite de ma collaboration avec Yannick Jaulin, il m’a semblé naturel de commencer une série de collectages sur le baiser au cours de « chantiers » publics de présentation.
J’ai fait pour l’instant deux « chantiers » de présentation de ce spectacle. L’un d’une vingtaine de minutes au théâtre 71 de Malakoff en octobre 2007 et un d’environ 40 minutes au Festival Le Nombril du Monde à Pougne-Hérisson en août 2008.
A la fin des chantiers, j’ai proposé à tous les gens présents de venir répondre, en tête à tête, à un questionnaire sur le baiser. Ceux qui le souhaitaient venaient me parler de leurs baisers, du baiser. J’ai enregistré une dizaine d’entretiens individuels. Et je me sers donc aussi de cette matière pour nourrir l’écriture.

 

 
 
L’équipe
Texte, conception et interprétation : Valérie Puech
Regard extérieur : Marie-Eve Perron
Création Son : Yann France