A la veille des 20 ans
du Nombril du Monde, votre nambouré préféré a trouvé
LA SOLUTION
à cet horrible pourrissement...




Le dodo, la prochaine création de Yannick Jaulin est en construction. Il pose sa yourte au Nombril fin août pour sa toute première résidence de travail.

 

La danse du sauvage DODO par Yannick Jaulin
(un titre de travail… à J-400 environ)
 

Résidence de travail au Nombril du Monde : du 30 août au 1er septembre 2009
Chantiers d’écriture du spectacle : 2009-2010
Création : Octobre 2010 à La Coursive (La Rochelle)

 

 

Les 30 et 31 août 2009, dans une yourte installée au beau mitan du jardin de Pougne, va s’amorcer le long chemin qui va mener à la création début Octobre 2010 à La Coursive de la Rochelle. Les chantiers Dodo vont se dérouler tout au long de la saison 2009-2010. Ils seront un moyen d’expérimenter, de collecter, de remettre en cause mes pratiques d’aller ouvrir de nouvelles fenêtres...
Yannick Jaulin

Parallèles
Le dernier Dodo est mort en 1681.
Et moi je suis toujours vivant.
Le Dodo était un oiseau de la taille d’un dindon, pesant 20 kg et d’une longueur d’environ 1 mètre.
Je mesure 1,67 et pèse 70 bons kilos.
J’ai une petite bouée qui pointe, je tente de manger des fruits une fois par semaine.


Raphus Cucullatus, vivait autrefois sur l’île Maurice …

Et moi je suis né dans un pays disparu, un monde de paysans parlant patois vendéen.
Mon voisin s’appelait Maurice…


Du fait de l’absence de prédateurs, il avait perdu son aptitude au vol. Incroyablement maladroit dans ses mouvements - on lui a d’ailleurs donné ce nom de dodo en raison de sa stupidité de sa maladresse. Le Dodo était une proie facile et fut exterminé sans pitié, même si la chair était coriace et sans saveur.

C’est vrai je suis gentil et plein d’empathie. Des fois sans saveur. Et je ne vole pas bien haut. J’aime mes personnages, mon fond de campagne. J’aime comment ça parle du monde en grand en partant du minuscule, de l’anodin. Je n’arrive pas à être méchant, à faire rire de…je suis avec eux. Et je n’arrive pas non plus à m’intéresser aux personnages de télé ou aux politiques. Je fais des spectacles naïfs avec des histoires.

 


Malheureusement, comme le nid était construit à même le sol, les petits du Dodo bénéficiaient de peu de protection contre l’introduction des prédateurs tels que les chiens féroces et les cochons sauvages. L’œuf du Dodo était souvent piétiné et mangé par ces animaux.

Moi c’est pareil.. On me piétine les œufs…
Le projet DODO
(Remise en cause)


Depuis J’ai pas fermé l’œil de la nuit j’explore de nouvelles formes artistiques et théâtrales pour le conteur, le narrateur d’aujourd’hui.

Loin des formes traditionnelles et pourtant obsédé par la réécriture des mythes, des contes et leur replacements dans nos quotidiens, je cherche un lieu commun pour trouver un possible frémissement collectif. J’aimerais me définir comme faisant un théâtre de l’humanité.

Après de nombreuses années de créations se pose la question de la pertinence et/ou de la nécessité :
« Est ce que je sers encore un peu au monde en racontant cela et en le racontant comme cela ?  »
Parfois accablé, persuadé d’être le dernier représentant d’un monde disparu, je me sens atteint par ce que j’ai identifié comme étant le syndrome du Dodo : le sentiment d’être inexistant.


Parfois, au contraire, je file droit devant, navigateur parti à contre courant solitaire mais certain de découvrir des terres nouvelles, et d’y amener des cargaisons d’humains.
Entre les deux, la volonté de remettre en cause un savoir-faire, une pratique, d’ouvrir de nouvelles fenêtres.
De cette volonté est née l’idée des ateliers du Dodo : organiser la confrontation d’expériences singulières autour de la parole, de son utilisation comme outil de pouvoir, de guérison, en croisant le fer avec des psychanalystes, sociologues, musiciens, rappeurs, etc.
Les pistes de travail

1/ Disparition : le Dodo déprimé
Exercice d’autodérision d’un conteur vieillissant et légèrement dépressif qui tente de trouver des alternatives pour survivre et qui échoue forcément…
D’ailleurs, est-ce qu’on peut se payer aujourd’hui la survie du Dodo ?
À quoi sert aujourd’hui le Dodo ?

« A ce moment-là de ma vie j’étais épuisé de créer de nouveaux spectacles,
j’étais fatigué, persuadé de me battre contre des moulins, de ne pas être compris, d’être une race en voie de disparition :
un Dodo de la culture.
Tout le monde a peur de se faire manger par plus gros que lui, mais moi je me sentais carrément au début de la chaîne alimentaire,
Je décidai de faire une dernière tentative avant la disparition. »

« Ne t’aperçois-tu pas que je ne suis qu’un homme comme tant d’autres qui va comme un balourd, dont chaque geste trahit le désir, l’insatisfaction, l’inquiétude ?
Moi aussi, je ne cherche rien de plus que d’être quelqu’un qui sache ce qu’il veut 
 »
Italo Calvino, Le chevalier inexistant
2/ Survivance : Le Dodo Debout
La prise de conscience de ne pas être seul à se sentir en voie de disparition (métiers dodo, langues dodo, etc.) va générer une crise d’enthousiasme quasi insoutenable, une incitation à la résistance :« Dodos Debout ! »
« Je suis toujours là et je suis content. Je suis has been et je trouve ça formidable et plein d’espoirs… Je me sens comme une semence paysanne, longtemps condamnée par l’industrie et les normes et finalement persuadé d’être important pour l’avenir de l’humanité.


3/ Dodo : un conte d’aujourd’hui
Oui. Je raconte des contes, j’aurais pu être un Dodo.
J’ai eu cette tentation-là.
Et c’est confortable d’être un Dodo, une victime.
Ça avait tout pour me faire fantasmer.
Je n’étais pas adapté au monde, pas en phase, mais orgueilleux, alors je me suis servi du conte.
Le conte était pratique, son côté intemporel, porteur de sagesse.
À vrai dire, le conte, je l’ai instrumentalisé.
C’était juste un prolongement égoïste.
Le conte a retardé le moment où j’allais dire « je » et il a été mon outil, ma fusée pour les étoiles. Il me fallait construire ma légende par le collectif. Je me suis caché derrière les mythes et les contes et eux m’ont appris leur langage universel. Ils m’ont permis de ne pas être réactionnaire, d’avoir ce privilège formidable d’être maître de la parole, je survis, je ne suis pas mort et j’ai des choses à dire.
Pas d’ironie, mais de la tendresse, de l’empathie…
Ce sont les fondements des valeurs Dodo.
Eléments artistiques

Les matériaux et les ateliers
On y croisera quelques contes plein de princesses et de vieilleries.
Quelques commentaires sur des histoires déjà racontées et probablement ratées.
La langue bien sûr, les langues disparues, le patois et le malentendu identitaire.
Pauline Carton, ma cousine en marraine et figure tutélaire.
Cassius Clay contre Foreman, le plus grand combat de boxe de tous les temps gagné à la « parole ».
Le D day, le débarquement et quelques morceaux de la grande Histoire.


Le reste sera creusé et testé pendant les ateliers DODO.
Moments d’exploration, croisements artistiques faits lors de résidences courtes et débouchant toujours sur des chantiers publics, occasions de questionner les pratiques, les fondamentaux en expérimentant avec d’autres, en interrogeant d’autres voies disciplinaires.
Ces résidences, en cours de montage, se feront pendant tout le premier semestre 2010 et seront précédées par un lancement au Nombril du Monde fin août 2009.
La création se fera début Octobre 2010, à la Coursive, Scène Nationale/La Rochelle, après un vrai temps de résidence dans ses murs en Septembre.



Equipe :

Écrit et joué par Yannick JAULIN
Dramaturgie : Antonin LOUCHARD
Assistanat écriture : Valérie PUECH
Musique : Camille ROCAILLEUX
Scénographie, lumière : François AUSTERLITZ
Direction d’acteur : Frédéric FAYE
Sonorisation, accessoires, autres collaborations… : en cours